Notre impact

Un changement impulsé par les communautés, avec des résultats mesurables dans toute l'Afrique de l'Ouest

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remboursement du prêt

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des communautés engagées
à mettre fin aux pratiques néfastes

Petite enfance, accès à l'école et état civil

Dans de nombreuses communautés isolées, les perspectives d'avenir des enfants se dessinent bien avant leur entrée à l'école. Pour combler ce fossé, il faut agir simultanément au niveau des foyers et au niveau du système.

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personnes en charge d'enfants ayant bénéficié d'une formation à la parentalité en Guinée-Bissau, en Gambie et au Mali

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enfants ayant reçu des trousses scolaires, dont 767 filles, en Guinée-Bissau

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parmi les enfants identifiés comme non scolarisés dans les communautés partenaires, ont été scolarisés grâce à des initiatives menées par la communauté

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parmi les enfants identifiés comme n'ayant pas été déclarés à la naissance, ont été déclarés

Dans de nombreuses communautés isolées, les perspectives d’avenir des enfants se dessinent bien avant leur entrée à l’école. Les pratiques familiales, la stimulation précoce du cerveau et les relations entre les ménages et les systèmes éducatifs locaux déterminent tous si les enfants arrivent à l’école prêts à apprendre, et s’ils y parviennent tout court. Lorsque ces conditions font défaut, l’exclusion commence avant même le début de la scolarité formelle. Pour combler ce fossé, il faut agir simultanément au niveau des ménages et au niveau du système, ce qui est précisément le domaine dans lequel les systèmes d’éducation publique, étirés à l’extrême sur des territoires vastes et peu peuplés, échouent le plus souvent. Les gouvernements d’Afrique de l’Ouest ont reconnu cette priorité. Le Plan national de développement axé sur la relance de la Gambie, la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable du Mali et le cadre national de coopération de la Guinée-Bissau placent tous le capital humain, l’accès équitable à l’éducation et le renforcement de l’état civil parmi leurs principaux engagements en matière de développement. La mise en œuvre de ces engagements dans les communautés isolées et mal desservies reste le plus grand défi.

L’action de Tostan s’articule autour de l’éducation et du dialogue. Dans 76 communautés de Guinée-Bissau, de Gambie et du Mali, 4 176 parents et personnes en charge d’enfants ont participé à des sessions de formation sur la stimulation précoce du cerveau, le développement de l’enfant, la communication et les normes sociales, animées dans les langues locales à travers des exercices de réflexion et des dialogues guidés. Le suivi a permis de constater des changements dans les pratiques quotidiennes de prise en charge des enfants : les pères et les mères parlent désormais plus souvent à leurs enfants lors d’activités courantes telles que les repas et le bain, leur font la lecture à la maison et ont relancé la tradition de raconter des histoires ensemble. Ces évolutions reflètent quelque chose de plus profond qu’un simple changement de comportement. Elles traduisent une redéfinition de la manière dont les familles perçoivent leur rôle dans l’apprentissage de leurs enfants, avant et pendant la scolarité.

Les communautés participantes ont identifié les enfants non scolarisés, ont assuré un suivi auprès des familles et se sont mobilisées en faveur de la scolarisation et de l’enregistrement des naissances. Dans les communautés partenaires, 62 % des enfants identifiés comme non scolarisés ont été scolarisés, et 63 % des enfants identifiés comme non enregistrés à la naissance ont été enregistrés. Ces deux chiffres ont une portée qui dépasse le cadre du foyer. L’enregistrement des naissances constitue un seuil juridique : sans lui, les enfants ne peuvent pas accéder aux services de santé, passer les examens nationaux ni être pris en compte dans les données de planification utilisées par les gouvernements pour allouer les budgets de l’éducation. Lorsque les communautés comblent cette lacune, elles contribuent directement à l’exactitude des données démographiques utilisées par les ministères nationaux de la planification pour allouer les budgets de l’éducation et de la santé. 

En Guinée-Bissau, Tostan a collaboré avec le ministère de l’Éducation pour soutenir les enseignants communautaires, dont beaucoup n’avaient suivi aucune formation pédagogique formelle auparavant. Cette collaboration a permis de renforcer les pratiques pédagogiques en classe et d’améliorer la coordination entre les écoles et les familles. Elle met également en évidence un aspect présentant un intérêt plus large sur le plan politique : les éducateurs communautaires, s’ils bénéficient d’un soutien adéquat, peuvent étendre la portée des systèmes d’enseignement public à des zones où l’État est structurellement sous-représenté. 

Prévention des conflits

Au Mali, le recul de l'autorité de l'État a laissé de nombreuses communautés rurales livrées à elles-mêmes pour gérer les tensions liées à la terre, aux relations au sein des foyers et aux ressources communes, sans bénéficier d'un soutien institutionnel significatif. La question est de savoir si les conditions nécessaires à la paix locale peuvent être mises en place et maintenues.

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des participants ont pris part à des sessions de formation sur la paix et la sécurité dans 30 communautés du Mali

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autres communautés touchées grâce à des mécanismes de dialogue et de médiation menés par les communautés elles-mêmes

Au Mali, le recul de l’autorité de l’État dans de vastes régions du pays a laissé de nombreuses communautés rurales livrées à elles-mêmes pour gérer les tensions liées à la terre, aux relations au sein des ménages et au partage des ressources, sans véritable soutien institutionnel. Lorsque ces tensions ne sont pas prises en compte, elles s’aggravent. La question n’est pas de savoir si la prévention des conflits locaux est importante, mais si les conditions nécessaires à sa mise en œuvre peuvent être créées et maintenues. La SNEDD du Mali place la paix et la sécurité, la décentralisation, la citoyenneté, la résilience des territoires et le rétablissement de la légitimité de l’État au cœur de la stratégie nationale de développement.

Les sessions de formation organisées par Tostan sur le dialogue, la gouvernance et la responsabilité collective ont permis de donner à ces capacités locales un cadre structuré. En 2025, 3 356 personnes issues de 30 communautés du Mali ont participé à ces sessions. Les femmes y ont joué un rôle central, renforçant ainsi leur légitimité en tant qu’actrices dans des processus dont elles sont habituellement exclues.

Les communautés ont transformé ces capacités en actions structurées. Les comités communautaires pour la paix se sont penchés sur les conflits fonciers, les tensions au sein des foyers et les relations entre villages voisins. Grâce à la médiation, à la sensibilisation par les pairs et aux échanges intercommunautaires, ces comités ont étendu leur champ d’action à 130 communautés supplémentaires, dont aucune n’avait participé directement au programme. Des déclarations publiques, signées par les autorités administratives, traditionnelles et religieuses, ont officialisé le lien entre les décisions communautaires et les structures de gouvernance locales.

Cette officialisation est importante pour la pérennité. Lorsque le travail en faveur de la paix mené par la communauté est reconnu par les autorités locales, il acquiert une légitimité qui dépasse la durée d'un cycle de programme donné. 

Inclusion économique

Dans de nombreuses communautés rurales, ce n’est ni le manque d’ambition ni celui de capacités qui freine l’activité économique. C’est l’absence de mécanismes financiers que les communautés puissent réellement utiliser : des mécanismes accessibles, adaptés à leurs besoins et gérés par des personnes qui comprennent l’économie locale.

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Des personnes ont bénéficié d'un soutien financier grâce à des prêts gérés par les communautés dans 100 localités du Sénégal, de la Gambie et de la Guinée-Bissau

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en capital d'amorçage fourni dans le cadre du programme de Tostan, placé sous la gestion de la communauté

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sous forme de subventions supplémentaires octroyées par le Fonds de la CEDEAO pour la stabilisation et le développement régionaux en Guinée-Bissau

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Durée moyenne de circulation du capital au sein d'une même communauté

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taux de remboursement

Dans de nombreuses communautés rurales d’Afrique de l’Ouest, ce ne sont ni le manque d’ambition ni le manque de capacités qui constituent un frein à l’activité économique. C’est l’absence de mécanismes financiers auxquels les communautés peuvent réellement avoir recours : accessibles, adaptés à leurs besoins et gérés par des personnes qui comprennent l’économie locale. L’infrastructure bancaire formelle n’atteint pas la plupart des zones rurales où Tostan intervient. Là où elle est présente, ses conditions correspondent rarement aux cycles de revenus et aux profils de risque des petits agriculteurs, des commerçants ou des jeunes qui se lancent dans la vie active. La « Vision 2050 » du Sénégal et le cadre national de coopération de la Guinée-Bissau placent tous deux l’inclusion productive, la participation des femmes et des jeunes, ainsi que la résilience économique territoriale au cœur des ambitions publiques en matière de développement. Le fossé entre les intentions et la mise en œuvre est systématique : les systèmes financiers formels ne desservent pas les communautés que ces cadres sont censés servir.

Le fossé ne réside pas principalement dans l’ambition ou le potentiel productif, mais dans la capacité de gouvernance. Les communautés ne peuvent pas gérer de manière fiable leurs finances individuelles ou collectives sans compétences en lecture, en calcul et en responsabilité. Pour les adultes n’ayant pas achevé leur scolarité formelle, ces compétences doivent être acquises de manière ciblée. C’est précisément ce qu’a permis l’éducation dans les langues locales, à travers le dialogue et la pratique collective. Dans 100 communautés du Sénégal, de la Gambie et de la Guinée-Bissau, les comités de gestion communautaire ont acquis les compétences nécessaires pour gérer des fonds collectifs, octroyer des microcrédits et assurer le suivi des remboursements. Environ 112 000 dollars de capital d’amorçage placés sous la gestion des communautés ont permis à 2 580 personnes d’accéder à des microcrédits destinés à la transformation agricole, au petit commerce et à la production alimentaire.

Au Sénégal, le projet « Meew liggey tekki Jiggeen – African Scaling Up (MELITEJI-WASU) a renforcé ce processus dans 25 communautés liées à la filière laitière, où les femmes et les jeunes ont acquis des compétences en lecture, en écriture, en calcul, en gestion de projet et en prise de décision collective, qui se sont directement traduites par une participation accrue aux marchés locaux. Les fonds octroyés dans les trois pays ont affiché un taux de remboursement de 95 %, ce qui reflète la responsabilité inhérente aux prêts accordés au sein d’une communauté où les relations et la responsabilité ont un poids qu’aucun système formel d’évaluation de la solvabilité ne peut égaler.

Le capital ne s’est pas arrêté à la première série d’emprunteurs. Il a circulé en moyenne six fois au sein des mêmes communautés, élargissant ainsi l’accès au financement sans nécessiter de ressources externes supplémentaires. Un dollar investi dans un fonds géré par la communauté a généré six cycles d’activité économique avant de quitter le système. C’est là que réside l’efficacité financière du capital géré par la communauté, et cela transparaît clairement dans les données relatives aux remboursements et à la circulation du capital dans les trois pays. Au niveau des ménages, cet accès ne s’est pas limité à la simple génération de revenus. Les participants ont eu recours à des mécanismes d’épargne et de crédit pour couvrir les consultations médicales et les frais de scolarité, réduisant ainsi leur dépendance vis-à-vis des emprunts informels à coût élevé et protégeant leurs actifs productifs en période de difficultés financières. À cette échelle, l’inclusion financière devient un mécanisme de résilience des ménages ayant des conséquences directes sur les résultats en matière de santé et d’éducation.

En Guinée-Bissau, outre le fonds de crédit géré par la communauté, des subventions d’un montant total de 59 000 dollars ont été octroyées par le biais du Fonds de la CEDEAO pour la stabilisation et le développement régionaux, avec Tostan comme partenaire de mise en œuvre. Ces subventions ont soutenu des initiatives économiques dans 36 communautés de Bafatá et de Gabú. Au total, 406 personnes, dont 303 femmes et filles, ont financé des microprojets qui ont contribué aux revenus des ménages et à la stabilité économique locale. Plus de 2 000 personnes ont également bénéficié de formations en agroécologie et en transformation des produits agricoles, renforçant ainsi la base productive sur laquelle reposent ces microprojets. Ces résultats ont été obtenus dans des régions fragiles que la CEDEAO a désignées comme prioritaires en matière de stabilisation. Ils suggèrent que, là où les communautés ont développé l’alphabétisation, la maîtrise du calcul et la responsabilité collective, l’inclusion financière produit des résultats durables. Le capital circule, les remboursements sont effectués et les ménages renforcent leur résilience. 

Prévention de la violence liée au genre

Des pratiques telles que Excision le mariage des enfants ne se perpétuent pas par indifférence face aux préjudices qu'elles causent. Elles sont maintenues en place par des attentes communes — imposées par ce que les familles pensent que les autres accepteront, et par ce que les communautés estiment que la tradition exige.

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Des communautés du Sénégal et de Guinée-Bissau se sont engagées publiquement à mettre fin au mariage des enfants, à Excision et à la violence sexiste

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les personnes impliquées dans la mobilisation communautaire en Guinée-Bissau

Des pratiques telles que Excision le mariage des enfants ne se perpétuent pas par indifférence face aux préjudices qu’elles causent. Elles sont maintenues en place par des attentes communes, imposées discrètement par ce que les familles pensent que les autres accepteront, ce que les communautés estiment que la tradition exige, et ce que les individus estiment avoir le droit de remettre en question. Pour les faire évoluer, il faut créer les conditions permettant aux communautés d’examiner ensemble ces attentes et de parvenir à une conception commune différente.

Ces conditions sont créées délibérément. Les communautés commencent par explorer Droits Humains dans leurs propres langues, en examinant ce que ces principes signifient dans la vie quotidienne et ce qu’ils exigent de ceux qui les défendent. Ces connaissances constituent alors la base du dialogue. Femmes, hommes et jeunes réfléchissent ensemble à la manière dont leurs pratiques s’alignent sur les valeurs et la vision du bien-être qu’ils ont définies pour eux-mêmes et pour leurs enfants. Les pratiques qui causent du tort ne résistent pas à cet examen. L’engagement en faveur du changement qui s’ensuit est collectif, ancré dans des valeurs partagées et renforcé par les mêmes relations qui, autrefois, soutenaient les pratiques désormais abandonnées.

En 2025, ce processus a conduit 75 communautés sénégalaises à déclarer l'abandon du mariage des enfants, Excision et des violences liées au genre, en présence des autorités administratives, traditionnelles et religieuses. Ces déclarations ont engagé les communautés à mettre en place une structure de suivi dotée de rôles bien définis : identifier les risques, donner l'alerte et intervenir auprès des familles avant que les situations ne s'aggravent.

En Guinée-Bissau, des campagnes menées par les communautés ont permis de toucher 7 226 personnes à Bafatá et à Gabú. Des responsables religieux et communautaires, formés aux questions de violence sexiste et de protection de l’enfance, ont piloté cette initiative en dialoguant directement avec les familles et en amenant 20 communautés à formaliser des engagements fondés sur Droits Humains leur propre vision du bien-être communautaire.

Au-delà de la prévention, des actions ciblées ont permis d’atteindre les femmes atteintes de fistule obstétricale en Guinée-Bissau et en Gambie. En partenariat avec l’UNFPA et le ministère de la Santé, les femmes qui ont sollicité des soins ont bénéficié d’une intervention chirurgicale de réparation, d’un suivi médical, d’une aide financière pour des activités génératrices de revenus et d’un accompagnement structuré vers leur réinsertion dans la vie communautaire. La fistule isole. C’est le travail de réinsertion – sur les plans économique, social et relationnel – qui permet à une femme de retrouver sa place au sein de sa communauté, et c’est cet aspect de la prise en charge de la fistule que la plupart des programmes ne couvrent pas.

Les engagements pris en faveur de l’abandon des pratiques néfastes, recensés dans 95 communautés de deux pays, reflètent une obligation que les États africains ont officiellement acceptée. Le Protocole de Maputo exige des États signataires qu’ils interdisent et éliminent les pratiques néfastes affectant les femmes et les filles, notamment les mutilations génitales féminines et le mariage des enfants, et qu’ils prennent des mesures actives pour assurer leur protection. Les déclarations communautaires, soutenues par des mécanismes de suivi et des responsables locaux formés, constituent l’une des rares voies documentées permettant à cette obligation de passer avec succès du texte politique à la pratique quotidienne. 

Santé mentale des jeunes

À Kédougou, les jeunes issus des communautés bassari ont identifié la santé mentale comme une priorité collective avant même qu’un programme ne l’ait désignée comme telle — et ont proposé une réponse ancrée dans leurs propres pratiques culturelles.

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jeunes accompagnés

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initiative conçue par la communauté

Oct. 2025

date de lancement

À Kédougou, les jeunes des communautés bassari ont identifié la santé mentale comme une priorité collective avant même qu’un programme ne l’ait désignée comme telle. Grâce à leur participation aux sessions de formation organisées par Tostan, ils ont proposé une réponse ancrée dans leurs propres pratiques culturelles, sans attendre qu’un cadre extérieur définisse ni le problème ni la solution.

Le rôle de Tostan consistait à créer les conditions propices à ce processus : l’espace, l’animation et le dialogue structuré grâce auxquels les jeunes pouvaient s’exprimer ouvertement, réfléchir ensemble et élaborer une réponse qu’ils reconnaissaient comme la leur. Ce processus a donné naissance à « The Art of Wellbeing », lancé en octobre 2025 en collaboration avec Being Initiative et avec le soutien de Grand Challenges Canada. Cette initiative accompagne 200 jeunes à travers la danse, la musique et les arts visuels, en combinaison avec un accompagnement qui permet d’approfondir la compréhension, de réduire la stigmatisation et d’entretenir le dialogue sur la santé mentale au sein de la communauté.

Ce qui a changé en premier lieu, ce n'était ni un comportement ni un indicateur. C'était la capacité des jeunes à mettre des mots sur un défi dont on ne parlait pas auparavant et à s'approprier collectivement la réponse à apporter. À partir de là, une voie communautaire plus large vers le bien-être a commencé à se dessiner.

L'impact sur les politiques est direct. La santé mentale reste l'une des priorités les moins dotées en ressources au sein des systèmes de santé publique d'Afrique de l'Ouest, malgré ses effets avérés sur la productivité, la cohésion sociale et la participation des jeunes.

La « Vision 2050 » du Sénégal associe le capital humain, l’engagement des jeunes et la cohésion territoriale en tant qu’objectifs de développement interdépendants. Les initiatives visant à améliorer la santé mentale par le biais de processus ancrés dans la culture et menés par les jeunes contribuent simultanément à ces trois objectifs, et ce au sein de communautés que les infrastructures sanitaires nationales n’ont pas toujours réussi à desservir.

Réinsertion des femmes en détention

Au Sénégal, la sortie de détention ne met pas fin aux difficultés qui ont rendu la réinsertion si difficile au départ. La stigmatisation limite les possibilités d'emploi. Les liens familiaux, souvent mis à rude épreuve pendant l'incarcération, ne se rétablissent pas d'eux-mêmes.

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les participants directs et indirects au programme qui prennent part à des sessions de formation théorique et pratique

La formation portait sur des activités génératrices de revenus adaptées à la demande du marché local, notamment la transformation alimentaire, la couture et la production à petite échelle

Au Sénégal, la sortie de détention ne met pas fin aux conditions qui ont rendu la réinsertion difficile au départ. La stigmatisation limite les possibilités d’emploi. Les liens familiaux, souvent mis à rude épreuve ou rompus pendant l’incarcération, ne se rétablissent pas d’eux-mêmes. Sans revenus et sans relations rétablies, les femmes libérées de détention se retrouvent face à un chemin étroit pour réintégrer la vie en société, et l’absence de soutien structuré rend ce chemin encore plus étroit.

En 2025, 339 femmes incarcérées ont participé directement à des sessions de formation théorique et pratique dans les domaines de la transformation alimentaire, de la couture et de la production à petite échelle, des compétences choisies pour leur adéquation avec la demande du marché local et leur potentiel de revenus réaliste après leur libération. Au-delà des participantes directes, 1 368 autres personnes ont bénéficié du programme : des proches impliqués dans la médiation et les visites de suivi, des agents pénitentiaires formés pour accompagner le processus de réinsertion, ainsi que d’anciennes détenues ayant bénéficié des activités du programme. Ensemble, elles constituent le cercle de soutien élargi qui détermine si la réinsertion est durable après la sortie de prison.

Les efforts de réinsertion ont porté directement sur les relations familiales. Des séances de médiation et des visites de suivi structurées ont permis de rétablir la communication entre les détenus et leurs familles, renouant ainsi les liens sociaux que le seul revenu ne suffit pas à restaurer. À leur libération, certains participants ont reçu un capital de démarrage pour se lancer dans des activités génératrices de revenus, ce qui a permis de réduire la pression financière immédiate et la dépendance vis-à-vis de sources de soutien informelles ou instables.

La combinaison de compétences pratiques, du rétablissement des liens familiaux et de l'accès à un capital de démarrage reflète une tendance avérée dans les programmes de réinsertion : la stabilité économique et l'appartenance sociale se renforcent mutuellement. Les données de suivi de ce programme montrent que les femmes ayant bénéficié de ces deux éléments étaient mieux à même de stabiliser leur situation après leur libération, même si une étude d'impact consolidée portant sur l'ensemble des participantes permettrait de corroborer considérablement cette conclusion.

La réinsertion se situe à la croisée de la justice, de la protection sociale, des moyens de subsistance et de la cohésion sociale. La « Vision 2050 » du Sénégal place l’équité sociale et le capital humain au cœur de la transformation nationale. Les actions qui abordent simultanément ces quatre dimensions et qui rétablissent l’inclusion communautaire, condition indispensable à une réinsertion durable, contribuent directement à cette ambition d’une manière que les systèmes pénitentiaires, agissant seuls, parviennent rarement à atteindre.

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